Archives de
Étiquette : sexe

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 6)

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 6)

6ème et dernière partie de la conférence de Tariq Ramadan sur la question de la sexualité en Islam :

« Autre élément également qui nous permet de nous rendre compte jusqu’à où l’expression de la sexualité a effectivement été quelque chose dont les savants musulmans et l’Islam n’avaient pas peur ; c’est aujourd’hui que nous sommes un tout petit peu frileux […] il n’y a pas de sujet tabou quand ce sujet te permet d’être un petit peu plus proche de Dieu. Et la sexualité quand elle est vécue avec dignité, dans l’intimité et dans la réalité de ce qui est permis de ce point de vue-là est un acte d’adoration, il faut que vous l’entendiez comme ça.

Les savants, dans la pratique par exemple de ce qui s’appelle la contraception naturelle où l’homme se retire justement avant que l’acte soit consommé jusqu’à terme, et bien que se passe-t-il ? Des savants ont mis en évidence : « attention, pour que l’homme puisse pratiquer cette contraception naturelle, il faut qu’il ait la permission de son épouse. Pourquoi ? Parce qu’il risque de lui enlever deux droits : le premier droit c’est le droit à sa maternité mais le deuxième c’est le droit à son plaisir. » Je sais pas si vous vous rendez compte de ce que cela peut vouloir dire la compréhension d’une sexualité qui est assumée jusqu’à son terme où une femme, dans la relation qu’elle a avec son mari détermine clairement un droit au plaisir dans le cadre d’une sexualité assumée dans les limites bien entendu de ce qui nous est permis, c’est-à-dire, le mariage.  »

Source de la conférence (audio)

Tariq Ramadan

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 5)

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 5)

« En d’autres termes, autant pour le cœur, l’effort que l’homme fait pour pouvoir maintenir cette étincelle et prier et s’approcher de Dieu devient une aumône dans la vie quotidienne[…], autant dans notre intelligence quand nous la travaillons pour nous rapprocher dans la connaissance c’est une aumône, autant le corps quand nous ne le maitrisons pour ne pas faire ce qui nous est interdit, le don devient une aumône. En d’autres termes, l’acte sexuel à l’intérieur des limites de ce qui est permis est un acte de piété, un acte d’adoration. C’est à l’envers de tout acte de culpabilité. Aussi sûr que tu manifestes la grandeur de Dieu quand tu pries avec tout ton cœur, aussi sûr tu manifestes la grandeur de Dieu quand tu as une relation avec ta femme sous son regard et sa protection.

C’est un acte de grandeur, qui manifeste que tu as compris son ordre mais que tu veux vivre dans la maîtrise de son ordre et jamais dans la négligence de tes pulsions. Et c’est l’acte de toutes les libertés, l’acte de toutes les expressions qui dit « ce corps est le mien et l’offre exclusivement à l’homme ou à la femme que j’aime et dans la perspective de ce rapprochement avec Dieu. » Qu’il me soit permis de dire aussi une chose très importante par rapport à la sexualité : est ce que cela veut dire que par rapport à la sexualité ce soit uniquement « je dois me maîtriser ».[…] Avec cette maîtrise et cette vie du corps dans le mariage, il y a toute une dimension qui est ouverte et qui ne correspond pas à l’idée que l’on pourrait se faire « je n’ai de relation sexuelle que pour mettre au monde des enfants, pour l’homme, pour la femme ».

En Islam, la notion de la vie du corps est liée à l’idée du plaisir accepté, reconnu et défendu. Défendu au sens de protégé. La notion de plaisir est acceptée en Islam. On sait que le prophète de l’Islam à son époque acceptait de ses compagnons ce qu’ils pratiquaient de façon ouverte, ouverte bien sûr dans la discrétion, mais on savait, le prophète de l’Islam savait qu’effectivement ses compagnons pratiquaient ce qui s’appelait le coït interrompu c’est-à-dire la contraception naturelle.

Et il ne s’y est pas opposé. Il ne s’y est pas opposé voulant mettre en évidence par là que non seulement l’acte sexuel est la rencontre de deux corps qui s’aiment mais l’acceptation de ces deux corps de la manifestation d’un plaisir que l’on accepte parce que Dieu dans ce plaisir quand il est fait dans le cadre du licite nous dit « vous êtes en train de manifester votre amour et votre soumission de mon ordre. Le plaisir dans la relation sexuelle, c’est l’expression, quand il est dans les limites du mariage, que vous êtes en train de chanter la gloire de Dieu qui a mis le plaisir de la rencontre entre deux êtres. »

Le plaisir n’est jamais lié à la culpabilité. Il est lié à l’expression d’une reconnaissance par les hommes d’un don que Dieu nous donne et qui nous donne sur nos corps, par nos corps et dans la vie de nos corps. Ce n’est pas rien de rappeler ceci et de rappeler la dimension de ce plaisir pour l’homme comme pour la femme. Et c’est également sur cette dimension-là qu’effectivement, dans la tradition musulmane, tout ce qui doit protéger le plaisir de l’homme et le plaisir de la femme doit être entretenu.

Il y a eu effectivement des pratiques qui sont des pratiques traditionnelles, qui sont les pratiques de l’excision par exemple et l’excision n’est pas une pratique qui est une pratique islamique. La seule fois qu’on a un hadis dont l’authenticité n’est pas vérifiée ou on a posé la question au prophète « est ce qu’on peut pratiquer ceci ? » Il a répondu avec une nuance pour ne pas attaquer la culture des hommes, il a dit : « si vous le faîtes, passez légèrement sur l’organe génitale de la femme »

Pourquoi ? Parce que tout ce qui est mis en évidence dans la tradition musulmane c’est bien entendu la possible reconnaissance des cultures mais surtout une chose qui est défendue par tous les savants et qui a permis à certains savants de dire clairement que par rapport à l’excision, l’Islam s’opposait à cette pratique là et en tout cas de façon très très claire à tout ce qui est l’infibullation qui va très loin, beaucoup plus loin, simplement le fait de cette pratique légère de l’excision. L’excision n’est pas une pratique musulmane, elle a été une pratique traditionnelle et clairement, tout ce qui, dans le traitement du corps de l’homme et de la femme pourrait lui enlever du plaisir n’est pas islamique parce que la notion de plaisir est reconnue pour l’homme et pour la femme. »

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 4)

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 4)

4e partie de la retranscription sur le sujet de la sexualité,  vous pourrez retrouver les retranscriptions précédentes : première partie , seconde partie et troisième partie

« La vie de ton corps, les appels de ton corps, les instincts en ton corps, le désir de l’autre en ton corps sont totalement naturels. Mais celui qui se rapproche de Dieu doit apprendre depuis l’âge de la puberté où il devient responsable à l’âge où quelque chose lui sera permis dans l’acte de vivre et de consommer ce plaisir, l’acte de responsabilité qui passe par la maîtrise. La première chose qui est demandée dans le rapport que l’on a avec sa sexualité, c’est d’avoir la lucidité d’admettre qu’elle est présente et d’avoir l’exigence de la maîtriser, parce que l’on sait qu’elle est présente. Cela m’amène à dire que souvent les musulmans dans leur tradition nient la sexualité en pensant qu’en en parlant pas on la maîtrise, ce qui est une erreur.

C’est parce que l’on parle de ce que l’on vit que l’on maîtrise ce que l’on ne veut pas vivre.

[…] j’en parle pour savoir ce que c’est mais j’en parle aussi pour savoir ce que je ne veux pas en faire. Et dans cette perspective là le message fondamental de la sexualité, de notre rapport à la sexualité, est un rapport de grande exigence, de la reconnaissance de tous nos instincts et de leur maîtrise, jusqu’à l’âge ou jusqu’au moment où devant Dieu, dans un rapport fondamental qui est lié vraiment à une dimension très très importante en Islam qui est « tu as des droits sur ton corps, ton corps a des droits sur toi, c’est de reconnaître ce qu’il est, mais tu as à maîtriser ce que ton corps représente pour toi pour en faire justement le don absolu et essentiel en mettant le respect de ce que Dieu demande. »

Et très clairement, il y a ici la dimension d’une nouvelle maîtrise dans le cadre et jusqu’au cadre et exclusivement dans le cadre du mariage. Alors je sais que, à l’époque moderne, ces propos vous paraissent venus d’ailleurs et pourtant ils sont bien d’ici. Et ils sont pour tous les êtres de foi, de toute éternité. L’idée que la maîtrise de sa sexualité est une condition de sa spiritualité. Pour que l’accomplissement de cette sexualité se confirme dans la spiritualité, il faut qu’elle se réalise devant Dieu, dans la transparence, dans le don de son corps à un être que l’on aime et vis-à-vis duquel on manifeste son amour dans un rapprochement devant Dieu, et qui sanctionné par un contrat puisqu’en Islam on a un sacrement c’est le contrat du mariage.

Cette réalité est très importante parce que tout le cheminement de l’effort par rapport à Dieu dans une maîtrise est à un moment donné de ne jamais nier ce qui est en nous, de le maîtriser et puis de l’offrir à celui ou à celle que nous aimons devant Dieu. Ceci est tellement sous le couvert de l’innocence qu’un jour des compagnons étaient autour du prophète de l’Islam – que la paix et la bénédiction du Dieu soient sur lui – et il leur a dit une chose étonnante : « regardez jusqu’à quel point l’acte de maîtrise quand il est vécu à l’intérieur des limites devient un acte fondamentalement bon et jamais lié à la culpabilité, jamais. » Il leur explique tout ce qui dans la vie de quelqu’un s’apparente à quoi ? A une aumône. C’est un don que l’on fait pour Dieu. Et il leur dit : «[…]votre relations sexuelle avec votre femme est une aumône. » Les compagnons s’étonnent : « comment ? quand nous vivons la vie de nos instincts c’est-à-dire quand nous faisons cet acte là c’est une aumône ? » « Oui, parce que si vous le faisiez en dehors du cadre du mariage, ce serait un péché, mais à l’intérieur du mariage, c’est comme l’expression d’un don, d’une aumône, d’un acte de reconnaissance ». »

 

 

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 3)

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 3)

Suite de la retranscription rencontre avec Tariq Ramadan sur la question de la conception islamique de la sexualité, troisième partie. Vous pourrez retrouver les débuts ici : première partie et seconde partie

« Aussi sur que ta colère est naturelle, si tu me dis parce que je suis naturellement colérique, j’ai le droit de me mettre en colère quand je veux, tu dis déjà que tu as perdu ce que Dieu t’a donné de maîtrise donc la sexualité n’est jamais liée à la culpabilité, elle est liée à la responsabilité et quelle responsabilité ? C’est le troisième élément que je voulais mettre en évidence : la maîtrise de ce naturel pour retrouver la dignité devant Dieu ou en tout cas pour la protéger. En d’autres termes nous sommes tous, depuis le premier moment où nous venons au monde, nous sommes tous dans une totale innocence. Et l’accompagnement de cette innocence se fait dans notre jeunesse jusqu’au moment où nous parvenons à l’âge qui est l’âge de la puberté. C’est étonnant d’ailleurs, parce qu’au même moment où notre corps développe par rapport à l’autre sexe et beaucoup plus clairement les signes d’une possible attirance, attirance qui devient moins équivoque que la seule attirance qu’on peut avoir chez les enfants, quoiqu’en dise la tradition psychanalytique […].

Enfin, pour notre réalité à nous, aujourd’hui, à partir du moment où effectivement dans notre développement, quelque chose apparaît qui enlève l’équivoque de notre rapport à l’autre sexe, pour l’homme la femme et pour la femme l’homme, Dieu dit « à ce moment là commence ta responsabilité. » C’est à ce moment là très précis que l’Homme devient d’innocent responsable. Au moment où le corps développe en son esprit l’âge de raison mais en son corps une attirance vers l’autre, Dieu dit « voilà, commence ta responsabilité ». Et pour tous les parents, c’est d’apprendre à accompagner le cheminement dans l’innocence pour fonder l’être dans la responsabilité.

La responsabilité de son corps, et qui est de dire effectivement dans cette dimension, de ne jamais nier le naturel mais de le maîtriser, de la maîtriser, c’est la dignité de l’Homme. Et c’est ce que nous dit l’Islam à partir de l’âge de la puberté, un enseignement sur ceci qui est d’une exigence sans concessions. »

Source

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 2)

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 2)

Suite de la retranscription rencontre avec Tariq Ramadan sur la question de la conception islamique de la sexualité.

La première des choses qui nous est dite en tant qu’être devant Dieu, c’est d’accepter ce que nous sommes, d’accepter ce qu’il nous a fait. La sexualité en Islam commence par ce premier principe. De la même façon que tu acceptes pour ton cœur l’étincelle de la foi, de la même façon que tu acceptes pour ton intelligence l’expression d’un fonctionnement qui va vers la connaissance, de la même façon tu dois accepter pour ton corps, l’expression d’une manifestation d’un besoin de l’être autre si tu es un homme ou si tu es une femme. Ton corps dit quelque chose que Dieu a mis en lui. Et ça n’est pas rien que de dire immédiatement et fondamentalement que l’expression de la vie du corps n’est jamais liée en Islam avec l’idée d’une culpabilité. Jamais. Jamais l’acte de la sexualité ou la sexualité et la vie du corps dit de moi que je suis coupable de le ressentir. Et c’est peut-être ce qui parfois par rapport à la tradition chrétienne ou d’autres traditions doit être aussi l’objet d’une véritable discussion : qu’est-ce que vous dîtes de la vie de mon corps ? Est-ce que c’est une déficience ? Est-ce que c’est un manque qui est coupable ? Ou est-ce que c’est simplement ce que Dieu a voulu ? Et l’Islam nous dit : « Je vous ai créé en couple et j’ai voulu la qualité de votre corps mais j’ai voulu également sa dépendance. Et vous êtes responsables de l’entretien que vous en ferez. Vous êtes responsable d’une chose que je vous ai donnée. Comme je vous ai donné l’étincelle de la foi, comme je vous ai donné l’intelligence de votre cerveau, je vous ai donné les instincts et les désirs de votre corps.» Rapport à son corps d’une totale responsabilité et d’une absence totale de culpabilité ; une responsabilisé par rapport à ce qu’il nous a donné dans la vie de notre corps.

En mettant en évidence une chose qui est ce qui fut l’expression de ce que le prophète de l’Islam – que la bénédiction de Dieu soit sur lui – un jour. Il a confirmé ce qu’un autre compagnon avait dit en manifestant une formule qui dit : « ton corps a des droits sur toi. C’est-à-dire que vous avez intellectuellement et spirituellement à décrypter votre corps qui a des droits sur vous. » Et il en a en tout cas dans trois dimensions :

Le premier droit qu’il a sur vous c’est de lui donner le repos qui vous permet de rester équilibré. Le deuxième droit qu’il a sur vous, c’est de respecter la limite de ce qu’il peut contenir pour ne pas vous empêcher de penser. C’est également cette dimension de toute une consommation du rapport à la nourriture qui fait que parfois trop manger empêche de penser. La troisième dimension, c’est l’écoute de l’instinct, l’écoute de cet appel que le corps a vis-à-vis de l’autre être. Et ce que nous dit l’Islam de ce point de vue là, ceci est totalement naturel. C’est un don de Dieu. Toute la question est de savoir, qu’est ce que vous faîtes du don ? Et là commence votre responsabilité. De la même façon que je peux utiliser mon intelligence pour construire et pour détruire, de la même façon je peux utiliser l’instinct, la sexualité pour construire et pour détruire. Ma responsabilité c’est ce que je fais de ce don, de cette grâce que Dieu m’a donnée. Et là commence un formidable apprentissage. Et c’est une règle totale et absolue dans l’Islam, que tout ce qui nous fait grandir passe par la réforme à tous les niveaux. Réformer ton intelligence pour mieux comprendre, réformer ta spiritualité pour mieux t’approcher, réformer le rapport que tu attends vis-à-vis de ton corps pour mieux te maîtriser.

Et c’est une chose également, qui est une règle en Islam et qui est une réponse très très claire à tout ce qu’aujourd’hui on entend chez les jeunes : la sexualité est naturelle, il faut la vivre naturellement. Or, l’Islam nous dit clairement, mais je crois que toutes les spiritualités se reconnaissent là dedans, fondamentalement, la sexualité est naturelle mais tout ce qui est naturel n’est pas forcément bon si tu ne sais pas le maîtriser.

 

Source

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 1)

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 1)

Retranscription de la rencontre avec Tariq Ramadan sur la question de la conception islamique de la sexualité.
« La formulation est la question, c’est une question essentielle pour nous tous et je crois que je suis assez content que dans un cadre universitaire, dans un cadre académique et dans des circonstances qui sont celles-ci, un sujet concernant la sexualité, ce que dit l’Islam sur la sexualité en tant que telle soit mis évidence.

Parce que très souvent nous pensons que tout ce qui a trait à l’espace et à l’expression du transcendant du rapport avec Dieu, du rapport avec sa foi, du rapport avec sa conscience ne concernent que les affaires de l’esprit et que chaque fois que nous avons à discuter des questions qui ont à voir avec notre foi et notre cheminement vers Dieu, nous avons a uniquement discuter et approcher les questions d’une spiritualité active, d’une spiritualité et d’une intimité qui cherchent en permanence à s’approcher de Dieu.

L’Islam de ce point de vue-là,[…], la tradition musulmane dit comme toutes les traditions religieuses qui l’ont précédée, dit de l’Homme quelque chose et dit de l’être humain quelque chose. Ce que dit l’Islam de cette perspective, c’est effectivement ce que les autres traditions disent. Ce qui nous est demandé à chacun et à chacune, c’est un travail de rapprochement avec le divin, de rapprochement avec Dieu. Dans la dimension de ce rapprochement avec Dieu, dans ce que chacun d’entre nous a à faire, le Créateur nous dit effectivement qu’il y a, que nous sommes composés en tant qu’êtres humains, en tant qu’homme, en tant que femme, de différentes composantes, de différents aspects de notre personnalité.

Le rapprochement avec le Créateur n’est pas seulement, dans la tradition musulmane, un rapprochement avec, le Créateur n’est pas uniquement dans la tradition musulmane, le rapprochement de l’esprit qui va vers l’esprit créateur ou l’être créateur. Ce qui est fondamental dans la tradition musulmane, c’est de comprendre quel conception l’Islam dit de l’Homme pour comprendre quelle place a la sexualité dans cette conception.

Fondamentalement, un premier principe doit être compris et tout commence de là, tout est fondé sur ce principe. Le Créateur des Cieux et de la Terre dit de l’Homme dans la tradition musulmane qu’il est un être à qui Dieu a donné un certain nombre de qualités et un certain nombre de besoins.

Et le besoin, c’est en fait, littéralement, l’expression d’un manque. Il est dit dans la tradition musulmane que Dieu à créé l’Homme d’un seul être et qu’il en a fait un couple, et que toutes choses sur la Terre sont par couple, mettant en évidence l’absolue grandeur de l’unique et la réalité du manque de ceux qui ont besoin d’être deux pour aller vers là.

L’expression-même de l’unique c’est l’expression de la totale perfection et de la totale manifestation de l’être au dessus de tous les êtres dont même notre imagination à vouloir le saisir dirait de lui quelque chose qui serait déficient. Rien ne lui ressemble de ce que nous pouvons imaginer puisque notre imagination ne compose qu’à partir de ce que nous connaissons.

Elle ne compose qu’à partir de la déficience du connaître.Dieu est au-delà de tout et dit de nous, « vous êtes pour chaque être sur la Terre composés en couple et tout ce que je vous ai donné de qualités, vous trouverez derrière la qualité l’expression d’un manque pour la compléter. Et c’est votre effort de la compléter. »

C’est vrai du point de vue spirituel. En vous il y a une aspiration vers le Très Haut, mais il vous manque la mémoire permanente de rester en contact avec le Très Haut. Vous avez l’effort à faire pour compléter le manque d’une spiritualité active par l’effort de l’entretenir.

Cette dimension est fondamentale au niveau de l’esprit , et de la même façon, Dieu nous dit sur l’ensemble des qualités qui sont les nôtres : « Intellectuel, tu as le fonctionnement de l’intelligence, tu as la responsabilité de son entretien ; spirituel, tu as l’intelligence, la lumière de la foi et tu dois avoir la spiritualité de l’entretenir et corporel. » Le corps, vis-à-vis de Dieu, de la même nécessité de comprendre où est sa soumission, où est sa grandeur » […]

 

Source

La sexualité dans le mariage : retranscription

La sexualité dans le mariage : retranscription

Nous vous proposons aujourd’hui la 1ère partie de la retranscription de l’intervention de Tariq Ramadan sur la question de la famille, le mariage et la sexualité dans ce dernier :

« Le 7e problème, c’est que, c’est comme si quand on faisait, on construisait une famille, dans la mentalité musulmane, nous sommes aujourd’hui dans un discours totalement asex ué. C’est-à-dire c’est comme s’il n’y avait pas de sexualité. Or, si le mariage est la moitié de ta religion, s’il faut l’autre pour être soi, s’il faut ton cœur pour que mon cœur soit libre, tout seul, s’il faut ton corps pour que mon corps soit libre tout seul, c’est qu’entre ton corps et mon corps, il y a de la communication.

Et une des communications du corps, c’est la sexualité. Vous avez des savants du 12e, du 13e, du 14e, du 15e, du 16e siècle qui disent sur la sexualité ce que des savants du 21e siècle n’osent même pas dire. Pourquoi ? Parce que nous avons un discours sur la famille qui est par opposition à l’Occident, nous ne savons plus ce que c’est que notre tradition, nous ne savons plus ce que c’est que nos valeurs, l’Islam a toujours parlé de ça.

Au Moyen-Âge, en Occident on considérait que les musulmans c’étaient des libertins. C’est aujourd’hui qu’on nous prend pour des sinistrés. Nous sommes toujours l’autre, mais nous nous avons admis ça. Pourquoi ? Parce qu’au Moyen-Âge on osait parler de ces choses-là, on osait parler de tout ce qui faisait l’accomplissement de l’être. Mal dans ton corps tu seras mal dans ta tête, mal dans ton corps et dans ta tête tu seras mal dans ton cœur, mal dans tout ça tu seras mal.

Raison pour laquelle il faut oser parler de cela, ce discours là il faut le tenir, il faut absolument pas avoir peur de cela, surtout dans une société qui aujourd’hui hypertrophie cette dimension-là.

Pour l’engagement par rapport à toutes ces dimensions-là, ce que j’aimerais mettre en évidence et qui me paraît le plus important, c’est effectivement de comprendre que le mariage, que la famille, c’est l’union d’autonomies, c’est deux êtres qui doivent être autonomes, qu’on est deux pour réussir à être autonomes et de respecter ceci.

Et donc en d’autres termes, il faut le sens du sacrifice pour tous mais il ne faut pas se sacrifier pour l’autre. Il ne faut pas sacrifier ses besoins, il ne faut pas sacrifier son être uniquement pour faire plaisir à l’autre. C’est « je me sacrifie pour maintenir la cohésion, mais pas pour ton plaisir, pas pour ton égoïsme ». Sacrifier son égo pour l’égoïsme de l’autre, ça n’est servir ni soi ni l’autre. Mais sacrifier son être pour sortir de nos égoïsmes respectifs, c’est protéger la famille.

C’est s’aider les uns les autres à ne jamais devenir égoïste. C’est jamais accepter qu’un homme dise à un moment donné en période de crise « moi je, j’ai des droits ». Si ton égo l’emporte sur les droits, tu nous perds tous. Et ça c’est pour tout le monde, une dimension qui doit être un engagement. »

 

Source : la sexualité dans le mariage (Youtube)