Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 5)

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 5)

« Je veux aussi vous parler d’un autre mouvement de femmes qui se mobilisent pour relever le défi de leurs époques tout en étant fermes avec leurs principes religieux et c’est au nom de l’Islam et au nom de cela qu’elles se battent pour la défense des droits des femmes. Donc c’est pas en désaccord avec leurs principes mais c’est vraiment au nom de l’Islam qu’elles sont poussés à se battre et à défendre les droits des femmes musulmanes.

Ces femmes travaillent sur deux principaux domaines. Le 1er domaine est une réinterprétation des textes avec une approche beaucoup plus féminine.

Je veux dire par là que, quand on lit le Coran, c’est comme un miroir, et comme c’est un miroir, une femme et un homme ne se projettent pas pareil et c’est vrai que nous avons besoin d’un regard beaucoup plus féminin sur les textes. Il est vrai que 98% des interprétations que nous avons pu avoir sont faîtes par des hommes et leur contexte et leur culture jouent un rôle sur la façon dont ils interprètent ces textes et ils ont une relation avec des femmes qui sont plus leur mère ou leur femme ou leur sœur ou leur épouse mais pas forcément une approche de femme en tant que femme qui parle par exemple de la femme dans sa quête spirituelle ou qui parle de sa stabilité, de son autonomie, et voilà un des domaines sur lesquelles ces femmes travaillent.

Je prends un exemple d’une des organisations qui est basée au Maroc ; ces femmes travaillent pour une réinterprétation du texte avec une approche beaucoup plus féminine mais cela ne veut pas dire que c’est les femmes toutes seules contre les hommes, bien sûr que non.

Je parle d’une interprétation beaucoup plus féminine, c’est vraiment les hommes et les femmes qui travaillent ensemble sur cela et si je prends l’exemple de ces organisations au Maroc, elles travaillent avec des hommes aussi pour qu’on puisse incorporer une approche plus féminine des textes.

Un des autres domaines de travail sont les sciences sociales. Si je prends mon exemple personnel, j’ai fait mes études en études du genre (Gender Studies) et c’est à la lecture des textes, et là je me suis rendue compte (on travaillait beaucoup sur le féminisme donc j’ai travaillé sur les différents mouvements de femme et à un certain moment on a commencé à parler du féminisme) qu’il y avait beaucoup de choses qui n’étaient pas en contradiction avec ma religion, que la base du féminisme qui est une défense des droits des femmes, les hommes et les femmes ensemble pour une défense des droits des femmes et promouvoir les droits des femmes, il y avait beaucoup de choses qui n’étaient pas en contradiction avec mes principes religieux et c’est en continuant mes lectures que je me suis rendue compte qu’il y avait aussi tout un mouvement de femmes qui au nom de leurs principes religieux, qui au nom de leur Islam, promouvaient le fait que l’on pouvait être féministe et que l’on pouvait être musulmane en même temps et défendre ses principes au nom de notre religion. Et c’est là que je me suis identifiée à ce mouvement qui concilie une identité musulmane tout en défendant les droits des femmes. Et c’est au nom de ce message de l’Islam qu’elles font ce travail tout en étant bien sûr fidèles aux principes islamiques.

Certains ont appelé ce mouvement féminisme islamique et d’autres ont préféré ne pas utiliser de termes […]. Je pense que le plus important, au lieu de s’attarder sur des détails, des finitions ou comment on pourrait parler de ce mouvement, le plus important vraiment c’est de voir quels sont nos buts et quels sont nos objectifs et qu’au final c’est vraiment au nom du message de notre religion et au nom de nos principes religieux que nous nous battons pour ces droits des femmes qui sont et qu’il y a malheureusement une différence entre ce que le message de l’Islam prône et la façon dont les femmes sont traitées dans nos communautés musulmanes. »

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