Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 3)

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 3)

« C’est vraiment une problématique, on a une mauvaise connaissance de notre religion et de nos droits. On nous parle souvent de nos devoirs mais pas forcément de nos droits.

Une autre cause, c’est les jugements et malheureusement, nous qui devrions être une communauté de solidarité, on trouve que dans notre communauté il y a souvent beaucoup de jugement et même entre les femmes. Je pense qu’ici il faut absolument développer une fraternité de sœurs, avoir des groupes de sœurs qui travaillent ensemble, qui se retrouvent dans la fraternité et c’est grâce à cela qu’on pourra avoir des communications et accepter nos différences. C’est vrai que si par exemple maintenant on se retrouve dans des groupes de sœurs avec des voilées, des non-voilées, des femmes qui travaillent, des femmes qui travaillent pas et par exemple le fait de pouvoir être avec des voilées, les non-voilées ont peut-être des stéréotypes sur les femmes voilées qui sont peut-être trop renfermées …peuvent avoir une autre vision. Et pour les femmes voilées, être en contact avec des femmes qui ne sont pas voilées, on peut se rendre compte aussi que c’est pas forcément le foulard qui détermine notre foi, qu’on peut être non-voilée et très active et qu’on peut ne pas l’être aussi. Ces échanges où par exemple des femmes qui travaillent, ne pas se sentir supérieures par ce qu’elles ont, parce qu’elles peuvent travailler, elles sont plus dans le monde du social ou pour les femmes qui ne travaillent pas de jalouser celles qui travaillent etc

Donc c’est vrai que si nous sommes dans des groupes de sœurs, on peut s’entraider, on peut accepter et apprendre à respecter nos différences. Donc une solidarité des sœurs, c’est vraiment ce dont on a besoin et cela nous aidera aussi à puiser nos forces , à pouvoir être beaucoup plus fortes face à des adversités si on sent qu’on a des gens qui nous supportent et qui soutiennent nos idées.

Une autre cause, la 6e cause je pense aussi que c’est le fait que les femmes reproduisent souvent le même système dans lequel elles sont éduquées qui ne sont pas forcément une façon islamique. Je veux dire par là qu’on retrouve souvent dans nos familles une très grande différence dans la façon dont on éduque nos garçons et nos filles. Les tâches ménagères sont plus pour les filles, les garçons ne sont pas traités de la même façon et c’est vrai que le fait de reproduire ce système, ça a un impact ensuite sur le genre de garçon qu’on va élever, le genre de garçon qui va devenir un homme, qui va devenir un mari, qui va devenir un père et en fait on reproduit ce système qui passe de génération en génération. Il est vrai que pouvoir changer un peu cette façon dont les garçons sont éduqués, ça passe par la maman, ça passe par la mère et ça commence depuis tout petit donc si le garçon il voit que son père aide dans la cuisine, que son père est acti, qu’il aide sa mère, qu’il soutient sa mère dans ses décisions etc. c’est vrai que lui-même en tant que mari, il deviendra une personne qui aide beaucoup plus sa femme, un support et en fait qui l’aide dans son cheminement aussi. »

Première partie de la conférence (retranscription)

Deuxième partie

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