Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 2)

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 2)

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« Une des premières causes c’est l’interprétation des textes. Par exemple si on prend la violence faîte envers les femmes, on a des frères qui au nom de certains versets pensent que c’est islamique de pouvoir taper sa femme ou que la violence n’est pas contraire au message de l’Islam mais en fait on a tellement d’interprétations différentes et qui montrent bien qu’à aucun moment c’est islamique de lever la main sur une femme. Et c’est avec une mauvaise interprétation qu’on en arrive à des points comme ça. Et les exemples du prophète montrent bien que le prophète n’a à aucun moment levé la main sur une de ses femmes donc c’est vraiment une mauvaise interprétation des textes qui est souvent la cause d’un mauvais traitement ou d’une injustice faîte aux femmes.

Une autre problématique, une autre cause, c’est la question culturelle. Donc il arrive très souvent que des pratiques qui sont culturelles et qui sont tellement pratiquées et ancrées dans notre quotidien et dans les façons d’éduquer font qu’on ne se rend plus compte qu’il y a une différence entre ce qui est islamique et ce qui est culturel. Et là je voudrais donner l’exemple de la fille du prophète […] qui prouve que du temps du prophète, les femmes étaient dans les mosquées, étaient derrière, elles n’étaient pas dans une salle différente donc elles avaient une place dans les mosquées, elles étaient là à l’heure du fajr même si on a certaines interprétations qui disent qu’une femme ne peut sortir que quand il fait jour. Donc là on voit que les femmes étaient présentes, on peut voir aussi que la fille du prophète a parlé devant des hommes et qu’elle a donné son point de vue et que le prophète a pris en compte sa position et qu’au final le compagnon non-musulman emprisonné de la fille du prophète a pu être libéré grâce à cette dernière. Ceci est pour vous montrer que parfois l’on a des interprétations culturelles de certaines choses qui sont pas forcément islamiques. Ilfaut qur’à un certain moment en tant que femme, et même les hommes en fait, c’est un travail des deux côtés, de vraiment comprendre notre religion dans ses principes et pas faire une différenciation entre ce qui est islamique et ce qui est culturel.

Le troisième point c’est la question des peurs donc il y a une peur par rapport à la société environnante et à cause de nos peurs, on passe souvent par des interdits et les femmes sont souvent au premier plan de ces interdits. Souvent, vu que l’on a peur de ce qui se passe à l’extérieur de notre communauté musulmane, on pense que le fait de ne pas laisser nos filles sortir ou de les laisser à l’intérieur pour pas qu’elles n’aient de vie sociale, on pense que c’est grâce à cela qu’on va réussir à préserver sa religion et à la préserver elle-même mais malheureusement ça n’est pas toujours l’effet désiré car même à l’intérieur on peut avoir accès à l’extérieur. Donc c’est pas forcément en étant à l’intérieur qu’on est forcément protégée.

Une autre cause , c’est que les femmes sont peu impliquées dans le domaine religieux malheureusement et cela on le voit par exemple de la polygamie. Les femmes n’ont pas forcément toutes les connaissances de leur religion et en fait elles subissent beaucoup et elles n’ont pas les ressources nécessaires pour pouvoir défendre certains principes qui ne sont pas forcément islamiques de la façon dont elles sont exercées. Si par exemple, on prend tout ce qui est polygamie, je me rappelle qu’avec pas mal de mes amis africaines ou est-africaines, on parlait souvent de cela parce qu’il s’avère qu’en Afrique de l’Ouest c’est très répandu mais beaucoup de femmes ne connaissent pas leurs droits, ne savent pas qu’elles peuvent être contre la polygamie, qu’elles peuvent l’écrire dans leur contrat de mariage, c’est une chose qu’elles ne savaient même pas qu’elles pouvaient écrire dans leur contrat »

 

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