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Auteur : tariqramadan

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 2)

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 2)

Suite de la retranscription rencontre avec Tariq Ramadan sur la question de la conception islamique de la sexualité.

La première des choses qui nous est dite en tant qu’être devant Dieu, c’est d’accepter ce que nous sommes, d’accepter ce qu’il nous a fait. La sexualité en Islam commence par ce premier principe. De la même façon que tu acceptes pour ton cœur l’étincelle de la foi, de la même façon que tu acceptes pour ton intelligence l’expression d’un fonctionnement qui va vers la connaissance, de la même façon tu dois accepter pour ton corps, l’expression d’une manifestation d’un besoin de l’être autre si tu es un homme ou si tu es une femme. Ton corps dit quelque chose que Dieu a mis en lui. Et ça n’est pas rien que de dire immédiatement et fondamentalement que l’expression de la vie du corps n’est jamais liée en Islam avec l’idée d’une culpabilité. Jamais. Jamais l’acte de la sexualité ou la sexualité et la vie du corps dit de moi que je suis coupable de le ressentir. Et c’est peut-être ce qui parfois par rapport à la tradition chrétienne ou d’autres traditions doit être aussi l’objet d’une véritable discussion : qu’est-ce que vous dîtes de la vie de mon corps ? Est-ce que c’est une déficience ? Est-ce que c’est un manque qui est coupable ? Ou est-ce que c’est simplement ce que Dieu a voulu ? Et l’Islam nous dit : « Je vous ai créé en couple et j’ai voulu la qualité de votre corps mais j’ai voulu également sa dépendance. Et vous êtes responsables de l’entretien que vous en ferez. Vous êtes responsable d’une chose que je vous ai donnée. Comme je vous ai donné l’étincelle de la foi, comme je vous ai donné l’intelligence de votre cerveau, je vous ai donné les instincts et les désirs de votre corps.» Rapport à son corps d’une totale responsabilité et d’une absence totale de culpabilité ; une responsabilisé par rapport à ce qu’il nous a donné dans la vie de notre corps.

En mettant en évidence une chose qui est ce qui fut l’expression de ce que le prophète de l’Islam – que la bénédiction de Dieu soit sur lui – un jour. Il a confirmé ce qu’un autre compagnon avait dit en manifestant une formule qui dit : « ton corps a des droits sur toi. C’est-à-dire que vous avez intellectuellement et spirituellement à décrypter votre corps qui a des droits sur vous. » Et il en a en tout cas dans trois dimensions :

Le premier droit qu’il a sur vous c’est de lui donner le repos qui vous permet de rester équilibré. Le deuxième droit qu’il a sur vous, c’est de respecter la limite de ce qu’il peut contenir pour ne pas vous empêcher de penser. C’est également cette dimension de toute une consommation du rapport à la nourriture qui fait que parfois trop manger empêche de penser. La troisième dimension, c’est l’écoute de l’instinct, l’écoute de cet appel que le corps a vis-à-vis de l’autre être. Et ce que nous dit l’Islam de ce point de vue là, ceci est totalement naturel. C’est un don de Dieu. Toute la question est de savoir, qu’est ce que vous faîtes du don ? Et là commence votre responsabilité. De la même façon que je peux utiliser mon intelligence pour construire et pour détruire, de la même façon je peux utiliser l’instinct, la sexualité pour construire et pour détruire. Ma responsabilité c’est ce que je fais de ce don, de cette grâce que Dieu m’a donnée. Et là commence un formidable apprentissage. Et c’est une règle totale et absolue dans l’Islam, que tout ce qui nous fait grandir passe par la réforme à tous les niveaux. Réformer ton intelligence pour mieux comprendre, réformer ta spiritualité pour mieux t’approcher, réformer le rapport que tu attends vis-à-vis de ton corps pour mieux te maîtriser.

Et c’est une chose également, qui est une règle en Islam et qui est une réponse très très claire à tout ce qu’aujourd’hui on entend chez les jeunes : la sexualité est naturelle, il faut la vivre naturellement. Or, l’Islam nous dit clairement, mais je crois que toutes les spiritualités se reconnaissent là dedans, fondamentalement, la sexualité est naturelle mais tout ce qui est naturel n’est pas forcément bon si tu ne sais pas le maîtriser.

 

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Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 1)

Tariq Ramadan : sexualité, sa conception islamique (partie 1)

Retranscription de la rencontre avec Tariq Ramadan sur la question de la conception islamique de la sexualité.
« La formulation est la question, c’est une question essentielle pour nous tous et je crois que je suis assez content que dans un cadre universitaire, dans un cadre académique et dans des circonstances qui sont celles-ci, un sujet concernant la sexualité, ce que dit l’Islam sur la sexualité en tant que telle soit mis évidence.

Parce que très souvent nous pensons que tout ce qui a trait à l’espace et à l’expression du transcendant du rapport avec Dieu, du rapport avec sa foi, du rapport avec sa conscience ne concernent que les affaires de l’esprit et que chaque fois que nous avons à discuter des questions qui ont à voir avec notre foi et notre cheminement vers Dieu, nous avons a uniquement discuter et approcher les questions d’une spiritualité active, d’une spiritualité et d’une intimité qui cherchent en permanence à s’approcher de Dieu.

L’Islam de ce point de vue-là,[…], la tradition musulmane dit comme toutes les traditions religieuses qui l’ont précédée, dit de l’Homme quelque chose et dit de l’être humain quelque chose. Ce que dit l’Islam de cette perspective, c’est effectivement ce que les autres traditions disent. Ce qui nous est demandé à chacun et à chacune, c’est un travail de rapprochement avec le divin, de rapprochement avec Dieu. Dans la dimension de ce rapprochement avec Dieu, dans ce que chacun d’entre nous a à faire, le Créateur nous dit effectivement qu’il y a, que nous sommes composés en tant qu’êtres humains, en tant qu’homme, en tant que femme, de différentes composantes, de différents aspects de notre personnalité.

Le rapprochement avec le Créateur n’est pas seulement, dans la tradition musulmane, un rapprochement avec, le Créateur n’est pas uniquement dans la tradition musulmane, le rapprochement de l’esprit qui va vers l’esprit créateur ou l’être créateur. Ce qui est fondamental dans la tradition musulmane, c’est de comprendre quel conception l’Islam dit de l’Homme pour comprendre quelle place a la sexualité dans cette conception.

Fondamentalement, un premier principe doit être compris et tout commence de là, tout est fondé sur ce principe. Le Créateur des Cieux et de la Terre dit de l’Homme dans la tradition musulmane qu’il est un être à qui Dieu a donné un certain nombre de qualités et un certain nombre de besoins.

Et le besoin, c’est en fait, littéralement, l’expression d’un manque. Il est dit dans la tradition musulmane que Dieu à créé l’Homme d’un seul être et qu’il en a fait un couple, et que toutes choses sur la Terre sont par couple, mettant en évidence l’absolue grandeur de l’unique et la réalité du manque de ceux qui ont besoin d’être deux pour aller vers là.

L’expression-même de l’unique c’est l’expression de la totale perfection et de la totale manifestation de l’être au dessus de tous les êtres dont même notre imagination à vouloir le saisir dirait de lui quelque chose qui serait déficient. Rien ne lui ressemble de ce que nous pouvons imaginer puisque notre imagination ne compose qu’à partir de ce que nous connaissons.

Elle ne compose qu’à partir de la déficience du connaître.Dieu est au-delà de tout et dit de nous, « vous êtes pour chaque être sur la Terre composés en couple et tout ce que je vous ai donné de qualités, vous trouverez derrière la qualité l’expression d’un manque pour la compléter. Et c’est votre effort de la compléter. »

C’est vrai du point de vue spirituel. En vous il y a une aspiration vers le Très Haut, mais il vous manque la mémoire permanente de rester en contact avec le Très Haut. Vous avez l’effort à faire pour compléter le manque d’une spiritualité active par l’effort de l’entretenir.

Cette dimension est fondamentale au niveau de l’esprit , et de la même façon, Dieu nous dit sur l’ensemble des qualités qui sont les nôtres : « Intellectuel, tu as le fonctionnement de l’intelligence, tu as la responsabilité de son entretien ; spirituel, tu as l’intelligence, la lumière de la foi et tu dois avoir la spiritualité de l’entretenir et corporel. » Le corps, vis-à-vis de Dieu, de la même nécessité de comprendre où est sa soumission, où est sa grandeur » […]

 

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Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 5)

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 5)

« Je veux aussi vous parler d’un autre mouvement de femmes qui se mobilisent pour relever le défi de leurs époques tout en étant fermes avec leurs principes religieux et c’est au nom de l’Islam et au nom de cela qu’elles se battent pour la défense des droits des femmes. Donc c’est pas en désaccord avec leurs principes mais c’est vraiment au nom de l’Islam qu’elles sont poussés à se battre et à défendre les droits des femmes musulmanes.

Ces femmes travaillent sur deux principaux domaines. Le 1er domaine est une réinterprétation des textes avec une approche beaucoup plus féminine.

Je veux dire par là que, quand on lit le Coran, c’est comme un miroir, et comme c’est un miroir, une femme et un homme ne se projettent pas pareil et c’est vrai que nous avons besoin d’un regard beaucoup plus féminin sur les textes. Il est vrai que 98% des interprétations que nous avons pu avoir sont faîtes par des hommes et leur contexte et leur culture jouent un rôle sur la façon dont ils interprètent ces textes et ils ont une relation avec des femmes qui sont plus leur mère ou leur femme ou leur sœur ou leur épouse mais pas forcément une approche de femme en tant que femme qui parle par exemple de la femme dans sa quête spirituelle ou qui parle de sa stabilité, de son autonomie, et voilà un des domaines sur lesquelles ces femmes travaillent.

Je prends un exemple d’une des organisations qui est basée au Maroc ; ces femmes travaillent pour une réinterprétation du texte avec une approche beaucoup plus féminine mais cela ne veut pas dire que c’est les femmes toutes seules contre les hommes, bien sûr que non.

Je parle d’une interprétation beaucoup plus féminine, c’est vraiment les hommes et les femmes qui travaillent ensemble sur cela et si je prends l’exemple de ces organisations au Maroc, elles travaillent avec des hommes aussi pour qu’on puisse incorporer une approche plus féminine des textes.

Un des autres domaines de travail sont les sciences sociales. Si je prends mon exemple personnel, j’ai fait mes études en études du genre (Gender Studies) et c’est à la lecture des textes, et là je me suis rendue compte (on travaillait beaucoup sur le féminisme donc j’ai travaillé sur les différents mouvements de femme et à un certain moment on a commencé à parler du féminisme) qu’il y avait beaucoup de choses qui n’étaient pas en contradiction avec ma religion, que la base du féminisme qui est une défense des droits des femmes, les hommes et les femmes ensemble pour une défense des droits des femmes et promouvoir les droits des femmes, il y avait beaucoup de choses qui n’étaient pas en contradiction avec mes principes religieux et c’est en continuant mes lectures que je me suis rendue compte qu’il y avait aussi tout un mouvement de femmes qui au nom de leurs principes religieux, qui au nom de leur Islam, promouvaient le fait que l’on pouvait être féministe et que l’on pouvait être musulmane en même temps et défendre ses principes au nom de notre religion. Et c’est là que je me suis identifiée à ce mouvement qui concilie une identité musulmane tout en défendant les droits des femmes. Et c’est au nom de ce message de l’Islam qu’elles font ce travail tout en étant bien sûr fidèles aux principes islamiques.

Certains ont appelé ce mouvement féminisme islamique et d’autres ont préféré ne pas utiliser de termes […]. Je pense que le plus important, au lieu de s’attarder sur des détails, des finitions ou comment on pourrait parler de ce mouvement, le plus important vraiment c’est de voir quels sont nos buts et quels sont nos objectifs et qu’au final c’est vraiment au nom du message de notre religion et au nom de nos principes religieux que nous nous battons pour ces droits des femmes qui sont et qu’il y a malheureusement une différence entre ce que le message de l’Islam prône et la façon dont les femmes sont traitées dans nos communautés musulmanes. »

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 4)

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 4)

« Après avoir regardé un peu les causes de toutes ces discriminations, de toutes ces injustices ou toutes ces causes où la femme n’a pas forcément tous ses droits, qu’a-t-on pu voir comme mouvements qui ont essayé de parler de tous ces problèmes des femmes ? Donc on peut voir que les discriminations et les injustices auxquelles vont face les femmes sont pas forcément et pas seulement dans nos communautés musulmanes et on voit ça depuis l’Histoire et depuis très longtemps où les femmes en fait de toutes communautés confondues, de toutes traditions, religions, cultures ont vécu des injustices et se sont battues pour que leurs droits soient reconnus.

On a donc des mouvements qui depuis l’extérieur et depuis l’intérieur de l’Islam se sont battus pour les droits de la femme, et je vais commencer par regarder d’abord les mouvements extérieurs :

Donc on a des mouvements qui se sont battus car les problèmes dont font face les femmes ne sont pas seulement islamiques. En Occident par exemple on a pu voir tout ce qui est mouvement féministe. Je sais que souvent on prend le terme féministe et on a une connotation négative du terme mais en fait ce qu’il faut savoir surtout c’est qu’il y a différents types de féminisme. On peut pas parler juste d’un seul féminisme, et en fait, quel est le but du féminisme ? C’est l’Islam et les femmes ensemble qui se battent pour les droits de la femme. On peut voir qu’il y a eu différentes tendances et je vais prendre l’exemple des Black Feminists, des États-Unis. Elles en fait c’est depuis l’intérieur du féminisme, moi je me suis rendue compte que pas forcément toutes les prises de positions et tout ce qui faisait partie du mainstream feminism était vraiment ce qu’elles elles ressentaient et elles trouvaient que les injustices n’étaient pas forcément les mêmes. Les discriminations, les injustices que elles subissaient en tant que femmes noires n’étaient pas les mêmes. Donc elles c’est vraiment depuis l’intérieur du féminisme qu’elles ont critiqué, qu’elles ont eu une position positive du terme et du mouvement. Elles disaient qu’il y avait pas forcément que le fait d’être femme mais aussi les fait qu’elles étaient noires. Donc il y avait différents types de discriminations et il fallait prendre cela en compte. Ce que je veux dire par là c’est qu’on peut se rendre compte qu’il y a différentes tendances du féminisme et il y a des tendances de féminisme qui même depuis l’intérieur et depuis des références plus occidentales qui se sont battues pour les droits de la femme et qui n’étaient pas forcément en accord avec tous les points et toutes les conclusions de ces féminismes mais qui travaillaient à cela depuis l’intérieur.

On a aussi des femmes qui sont religieuses et il est vrai que si on regarde l’Histoire et l’historique du féminisme, il est vrai qu’il y a beaucoup de féministes. On peut prendre des exemples aux États Unis ou de Simone de Beauvoir en France, et c’est vrai qu’elles avaient une vision négative du fait qu’elles disaient qu’on pouvait pas être religieuse et être féministe, qu’il y avait une contradiction du fait qu’on soit pratiquante.

Il y a eu toute une tendance et toute une tendance à l’intérieur du féminisme de femmes pratiquantes et religieuses qui se sont battues en tant que féministes et disaient qu’il n’y avait pas de contradiction entre être religieuse et défendre les droits des femmes.

Je vais aussi vous parler des mouvements qui à l’intérieur de l’Islam se sont battus pour les droits des femmes. On a par exemple le mouvement réformiste qui est dans la lignée d’un des compagnons du prophète et qui a traversé les âges […] et qui prônait un retour aux sources de l’Islam c’est à dire revenir au Coran et de s’éloigner de certaines interprétations qui étaient trop influencées par la culture et l’importance de revenir à une interprétation pure et en phase avec le contexte.

Ces réformistes se basent sur le fait que le message de l’Islam est universel et applicable pour tous les temps et le fait que nous devons aussi prendre en compte notre contexte lorsque nous essayons de comprendre et d’appliquer les textes. Nous avons par exemple Mohamed Abduh qui a travaillé sur différents versets liés à la polygamie et lui en essayant de les comprendre et en les recontextualisant en est arrivé à la conclusion que la polygamie est acceptée seulement dans des circonstances spécifiques. Donc c’est vraiment revenir à la source, revenir au Coran et de l’interpréter dans notre contexte car l’Islam est un message universel et atemporel. […]

Nous avons aussi des mouvements pour les droits des femmes, pour les femmes, à l’intérieur des références islamiques donc par exemple des femmes en Egypte qui ont poussé le réformisme sur la question des femmes. »

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 3)

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 3)

« C’est vraiment une problématique, on a une mauvaise connaissance de notre religion et de nos droits. On nous parle souvent de nos devoirs mais pas forcément de nos droits.

Une autre cause, c’est les jugements et malheureusement, nous qui devrions être une communauté de solidarité, on trouve que dans notre communauté il y a souvent beaucoup de jugement et même entre les femmes. Je pense qu’ici il faut absolument développer une fraternité de sœurs, avoir des groupes de sœurs qui travaillent ensemble, qui se retrouvent dans la fraternité et c’est grâce à cela qu’on pourra avoir des communications et accepter nos différences. C’est vrai que si par exemple maintenant on se retrouve dans des groupes de sœurs avec des voilées, des non-voilées, des femmes qui travaillent, des femmes qui travaillent pas et par exemple le fait de pouvoir être avec des voilées, les non-voilées ont peut-être des stéréotypes sur les femmes voilées qui sont peut-être trop renfermées …peuvent avoir une autre vision. Et pour les femmes voilées, être en contact avec des femmes qui ne sont pas voilées, on peut se rendre compte aussi que c’est pas forcément le foulard qui détermine notre foi, qu’on peut être non-voilée et très active et qu’on peut ne pas l’être aussi. Ces échanges où par exemple des femmes qui travaillent, ne pas se sentir supérieures par ce qu’elles ont, parce qu’elles peuvent travailler, elles sont plus dans le monde du social ou pour les femmes qui ne travaillent pas de jalouser celles qui travaillent etc

Donc c’est vrai que si nous sommes dans des groupes de sœurs, on peut s’entraider, on peut accepter et apprendre à respecter nos différences. Donc une solidarité des sœurs, c’est vraiment ce dont on a besoin et cela nous aidera aussi à puiser nos forces , à pouvoir être beaucoup plus fortes face à des adversités si on sent qu’on a des gens qui nous supportent et qui soutiennent nos idées.

Une autre cause, la 6e cause je pense aussi que c’est le fait que les femmes reproduisent souvent le même système dans lequel elles sont éduquées qui ne sont pas forcément une façon islamique. Je veux dire par là qu’on retrouve souvent dans nos familles une très grande différence dans la façon dont on éduque nos garçons et nos filles. Les tâches ménagères sont plus pour les filles, les garçons ne sont pas traités de la même façon et c’est vrai que le fait de reproduire ce système, ça a un impact ensuite sur le genre de garçon qu’on va élever, le genre de garçon qui va devenir un homme, qui va devenir un mari, qui va devenir un père et en fait on reproduit ce système qui passe de génération en génération. Il est vrai que pouvoir changer un peu cette façon dont les garçons sont éduqués, ça passe par la maman, ça passe par la mère et ça commence depuis tout petit donc si le garçon il voit que son père aide dans la cuisine, que son père est acti, qu’il aide sa mère, qu’il soutient sa mère dans ses décisions etc. c’est vrai que lui-même en tant que mari, il deviendra une personne qui aide beaucoup plus sa femme, un support et en fait qui l’aide dans son cheminement aussi. »

Première partie de la conférence (retranscription)

Deuxième partie

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Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 2)

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements (partie 2)

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« Une des premières causes c’est l’interprétation des textes. Par exemple si on prend la violence faîte envers les femmes, on a des frères qui au nom de certains versets pensent que c’est islamique de pouvoir taper sa femme ou que la violence n’est pas contraire au message de l’Islam mais en fait on a tellement d’interprétations différentes et qui montrent bien qu’à aucun moment c’est islamique de lever la main sur une femme. Et c’est avec une mauvaise interprétation qu’on en arrive à des points comme ça. Et les exemples du prophète montrent bien que le prophète n’a à aucun moment levé la main sur une de ses femmes donc c’est vraiment une mauvaise interprétation des textes qui est souvent la cause d’un mauvais traitement ou d’une injustice faîte aux femmes.

Une autre problématique, une autre cause, c’est la question culturelle. Donc il arrive très souvent que des pratiques qui sont culturelles et qui sont tellement pratiquées et ancrées dans notre quotidien et dans les façons d’éduquer font qu’on ne se rend plus compte qu’il y a une différence entre ce qui est islamique et ce qui est culturel. Et là je voudrais donner l’exemple de la fille du prophète […] qui prouve que du temps du prophète, les femmes étaient dans les mosquées, étaient derrière, elles n’étaient pas dans une salle différente donc elles avaient une place dans les mosquées, elles étaient là à l’heure du fajr même si on a certaines interprétations qui disent qu’une femme ne peut sortir que quand il fait jour. Donc là on voit que les femmes étaient présentes, on peut voir aussi que la fille du prophète a parlé devant des hommes et qu’elle a donné son point de vue et que le prophète a pris en compte sa position et qu’au final le compagnon non-musulman emprisonné de la fille du prophète a pu être libéré grâce à cette dernière. Ceci est pour vous montrer que parfois l’on a des interprétations culturelles de certaines choses qui sont pas forcément islamiques. Ilfaut qur’à un certain moment en tant que femme, et même les hommes en fait, c’est un travail des deux côtés, de vraiment comprendre notre religion dans ses principes et pas faire une différenciation entre ce qui est islamique et ce qui est culturel.

Le troisième point c’est la question des peurs donc il y a une peur par rapport à la société environnante et à cause de nos peurs, on passe souvent par des interdits et les femmes sont souvent au premier plan de ces interdits. Souvent, vu que l’on a peur de ce qui se passe à l’extérieur de notre communauté musulmane, on pense que le fait de ne pas laisser nos filles sortir ou de les laisser à l’intérieur pour pas qu’elles n’aient de vie sociale, on pense que c’est grâce à cela qu’on va réussir à préserver sa religion et à la préserver elle-même mais malheureusement ça n’est pas toujours l’effet désiré car même à l’intérieur on peut avoir accès à l’extérieur. Donc c’est pas forcément en étant à l’intérieur qu’on est forcément protégée.

Une autre cause , c’est que les femmes sont peu impliquées dans le domaine religieux malheureusement et cela on le voit par exemple de la polygamie. Les femmes n’ont pas forcément toutes les connaissances de leur religion et en fait elles subissent beaucoup et elles n’ont pas les ressources nécessaires pour pouvoir défendre certains principes qui ne sont pas forcément islamiques de la façon dont elles sont exercées. Si par exemple, on prend tout ce qui est polygamie, je me rappelle qu’avec pas mal de mes amis africaines ou est-africaines, on parlait souvent de cela parce qu’il s’avère qu’en Afrique de l’Ouest c’est très répandu mais beaucoup de femmes ne connaissent pas leurs droits, ne savent pas qu’elles peuvent être contre la polygamie, qu’elles peuvent l’écrire dans leur contrat de mariage, c’est une chose qu’elles ne savaient même pas qu’elles pouvaient écrire dans leur contrat »

 

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Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements

Conférence Maryam Ramadan : la femme musulmane, défis et engagements

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« La question de la femme est toujours très importante, on a beaucoup de questionnements et c’est souvent un sujet très sensible dans la communauté musulmane.
Donc j’espère qu’avec mon humble contribution pouvoir partager des idées et débattre sur cela.
Je suis la fille de Tariq Ramadan mais je suis aussi Maryam et j’ai aussi une expérience que je veux partager[…], d’où viennent mes idées et ce qui me passionne. En tant que femme musulmane on se rend compte qu’il y beaucoup de problèmes dans nos communautés face aux femmes et que c’est souvent la mauvaise compréhension des musulmans qu’on expérimente tous ces problèmes en tant que femme. Je vais diviser ma présentation en quatre parties :

  • Les problèmes auxquels font face les femmes
  • Les causes de ces problèmes
  • Les différents mouvements qui ont été créés face à ce problème
  • Les engagements et défis, ce que l’on pourrait faire pour résoudre toutes ces causes de problèmes

Problèmes auxquels font face les femmes

Quels sont les problèmes auxquels font face les femmes dans nos communautés musulmanes […]. Un des plus grands problèmes c’est vraiment une différenciation, un traitement différencié dans l’éducation que ça soit à l’intérieur de nos familles et à l’extérieur.

A l’intérieur de nos familles on constate qu’on demande souvent à la fille beaucoup plus de tâches ménagères, qu’on la responsabilise beaucoup plus tôt et qu’on ne donne pas forcément la même éducation à nos filles qu’à nos garçons.

A l’extérieur aussi on voit que l’on pousse les garçons à s’éduquer, à aller beaucoup plus loin dans les études et on met beaucoup d’importance sur l’éducation du garçon mais pas autant chez les femmes. Dans beaucoup de cas, les femmes, les jeunes filles s’éduquent jusqu’à un certain âge et au moment où elles se marient elles abandonnent tout et ne continuent pas leurs études.

A un certain moment aussi, des mères beaucoup plus âgées se rendent compte qu’un salaire ne suffit pas dans la famille et qu’elles doivent reprendre leurs études qu’elles ont arrêtées, […] c’est un phénomènes où l’on retrouve beaucoup de femmes […]

Il y a aussi un autre problème que l’on peut voir : c’est la place donnée aux femmes pour qu’elles puissent s’exprimer[…]. Ce que j’ai pu observer depuis l’Amérique, c’est que un des plus grands combats de ces organisations musulmanes ou organisations de femmes, c’est qu’elles se battent pour avoir des places par exemple dans les board commities des mosquées. Il s’avère que c’est souvent des hommes qui sont là et les femmes n’ont de place et cela joue bien sur un rôle sur la façon dont sont traitées les femmes dans les mosquées, les activités, les places qu’on donne aux femmes dans les mosquées, et ici aussi on peut voir le fait que pas toutes les mosquées offrent des places pour les femmes donc ça aussi c’est un combat ; le fait de pouvoir avoir notre place pour qu’on puisse s’exprimer.

Ensuite il y a par exemple d’autres problèmes auxquels les femmes font face c’est le droit à l’autonomisation, le droit d’être indépendantes financièrement. On a souvent ce problème où les femmes ne sont pas financièrement indépendantes. Aussi, par rapport à mon voyage en Afrique, j’ai pu constater le problème de la polygamie. Elle est souvent mal comprise et donc mal appliquée et les femmes ne savent pas forcément leurs droits et leurs devoirs mais surtout leurs droits face à la polygamie. Souvent on retrouve des problèmes face à la polygamie.

Donc on retrouve dans le Coran plein d’exemples qui montrent bien que la femme et l’homme devant Dieu sont égaux ; nous sommes mentalement et spirituellement égaux. Les pratiques religieuses sont les mêmes pour les femmes et pour les hommes et nous avons plein d’exemples dans le Coran. Le Coran parle aux hommes et aux femmes […], les demandes et les pratiques religieuses sont identiques.

Alors, comment expliquer qu’on a un Coran et qu’on a un message de l’Islam qui promeut et qui prouve le fait que les hommes et les femmes sont égaux devant Dieu et qu’en fait dans nos contextes, nos réalités, ça n’est pas pareil. Quelques causes que l’on peut identifier, j’en ai identifié 6 qui je pense sont les plus importantes et qu’on retrouve un peu partout . »

Vous pourrez découvrir ces différentes causes au cours de prochains articles sur le présent site.

Source (vidéo Youtube)

La sexualité dans le mariage : retranscription (partie 2)

La sexualité dans le mariage : retranscription (partie 2)

Suite de la retranscription de la conférence donnée par Tariq Ramadan sur la sexualité dans le mariage (partie 1 ici)

« L’autre élément qui me paraît important dans cet engagement-là, c’est effectivement dans ce travail d’autonomie, c’est vraiment déterminer le sens de ce pourquoi on est ensemble, c’est-à-dire donner du sens. Nous sommes aujourd’hui dans une époque qui voit les éléments et qui oublie les finalités.

Pourquoi est-on deux ? Pourquoi est-on une famille ? Et de pouvoir comprendre ceci, c’est-à-dire trouver la force du sacrifice quand on se donne des finalités ; pourquoi on veut être deux, pourquoi on veut cette famille et ne pas hésiter à en parler. Pourquoi finalement on a décidé de partir ensemble, pourquoi on est en train de continuer ensemble.

Et là la question des enfants elle est déterminante : il faut oser, il faut savoir se sacrifier pour ses enfants aussi, il n’y a pas que l’amour, « je t’aime je reste, je ne t’aime plus je pars ». Et les enfants ? Ça veut pas dire qu’il faut se sacrifier sans se tenir, c’est toujours une question d’équilibre. Le divorce est des choses permises la chose la plus détestée mais elle est permise. A un moment elle peut être une solution. Mais à un moment donné, pourquoi elle est la plus détestée ? Parce qu’il faut se battre pour le maintenir, ne pas oublier les enfants, avoir la patience, savoir que être là à deux même si tout n’est pas parfait entre nous deux, cela peut être bien pour eux aussi .

C’est-à-dire, ce sens du sacrifice, ce sens du djihad, de la famille, du don de soi et ce don de soi c’est ce qui nous permet de passer au-delà, d’assumer ses sacrifices.

Ce que j’aimerais dire par rapport à nous tous, c’est avant le mariage refuser l’idéalisation, travailler à mieux se connaître, se donner du temps, savoir que c’est une institution effectivement.

En Islam, il n’y a pas de sacrement dans le mariage, c’est comme un contrat : on va se mettre d’accord. Et même quand on est marié, il ne faut pas que l’amour ce soit simplement le mariage, ce soit simplement « on aime et puis on oublie qu’il y a des règles ».

Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, aimer dans le mariage avec ses parents, avec ses enfants, c’est effectivement respecter des règles, respecter les règles aussi vis-à-vis de ses enfants. Aujourd’hui dans notre famille, il y a un vrai déficit de responsabilisation des parents vis-à-vis des enfants, un vrai déficit dans l’accompagnement, dans ce qui concerne leurs préoccupations. On a pas le droit quand on est parent de ne pas s’occuper de l’environnement de ses enfants, de s’y intéresser, de savoir dans quoi ils vivent, quels sont les problèmes qu’ils ont. Non pas pour les protéger dans la douleur ni dans l’interdit, mais dans le dialogue. Un enfant n’est jamais aussi fort que quand il dialogue avec ses parents des dangers auxquels il fait face. Parce que si on lui interdit tout, il trouvera la porte la permission. L’interdit ce n’est jamais la seule solution. Bien sûr il faut oser interdire, il faut oser dire non, il faut être des parents qui osons l’autorité.

L’un des grands problèmes des familles aujourd’hui c’est le déficit d’autorité. Ou alors c’est le contraire.

L’autorité dans le dialogue, pas l’autorité sans dialogue […] Associer votre religion au sens de l’interdit et la paternité au sens de l’interdit, vous façonnez des univers.  Alors que ce n’est pas comme ça que les choses devraient être. Ça se sont des choses sur lesquelles on doit s’engager et faire face. »

 

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La sexualité dans le mariage : retranscription

La sexualité dans le mariage : retranscription

Nous vous proposons aujourd’hui la 1ère partie de la retranscription de l’intervention de Tariq Ramadan sur la question de la famille, le mariage et la sexualité dans ce dernier :

« Le 7e problème, c’est que, c’est comme si quand on faisait, on construisait une famille, dans la mentalité musulmane, nous sommes aujourd’hui dans un discours totalement asex ué. C’est-à-dire c’est comme s’il n’y avait pas de sexualité. Or, si le mariage est la moitié de ta religion, s’il faut l’autre pour être soi, s’il faut ton cœur pour que mon cœur soit libre, tout seul, s’il faut ton corps pour que mon corps soit libre tout seul, c’est qu’entre ton corps et mon corps, il y a de la communication.

Et une des communications du corps, c’est la sexualité. Vous avez des savants du 12e, du 13e, du 14e, du 15e, du 16e siècle qui disent sur la sexualité ce que des savants du 21e siècle n’osent même pas dire. Pourquoi ? Parce que nous avons un discours sur la famille qui est par opposition à l’Occident, nous ne savons plus ce que c’est que notre tradition, nous ne savons plus ce que c’est que nos valeurs, l’Islam a toujours parlé de ça.

Au Moyen-Âge, en Occident on considérait que les musulmans c’étaient des libertins. C’est aujourd’hui qu’on nous prend pour des sinistrés. Nous sommes toujours l’autre, mais nous nous avons admis ça. Pourquoi ? Parce qu’au Moyen-Âge on osait parler de ces choses-là, on osait parler de tout ce qui faisait l’accomplissement de l’être. Mal dans ton corps tu seras mal dans ta tête, mal dans ton corps et dans ta tête tu seras mal dans ton cœur, mal dans tout ça tu seras mal.

Raison pour laquelle il faut oser parler de cela, ce discours là il faut le tenir, il faut absolument pas avoir peur de cela, surtout dans une société qui aujourd’hui hypertrophie cette dimension-là.

Pour l’engagement par rapport à toutes ces dimensions-là, ce que j’aimerais mettre en évidence et qui me paraît le plus important, c’est effectivement de comprendre que le mariage, que la famille, c’est l’union d’autonomies, c’est deux êtres qui doivent être autonomes, qu’on est deux pour réussir à être autonomes et de respecter ceci.

Et donc en d’autres termes, il faut le sens du sacrifice pour tous mais il ne faut pas se sacrifier pour l’autre. Il ne faut pas sacrifier ses besoins, il ne faut pas sacrifier son être uniquement pour faire plaisir à l’autre. C’est « je me sacrifie pour maintenir la cohésion, mais pas pour ton plaisir, pas pour ton égoïsme ». Sacrifier son égo pour l’égoïsme de l’autre, ça n’est servir ni soi ni l’autre. Mais sacrifier son être pour sortir de nos égoïsmes respectifs, c’est protéger la famille.

C’est s’aider les uns les autres à ne jamais devenir égoïste. C’est jamais accepter qu’un homme dise à un moment donné en période de crise « moi je, j’ai des droits ». Si ton égo l’emporte sur les droits, tu nous perds tous. Et ça c’est pour tout le monde, une dimension qui doit être un engagement. »

 

Source : la sexualité dans le mariage (Youtube)

 

 

Chroniques du Ramadan : l’égoïsme

Chroniques du Ramadan : l’égoïsme

Analyse de la notion d’égoïsme par Tariq Ramadan dans le cadre de sa chronique quotidienne accordée à Saphirnews en ce mois de Ramadan.

« Nous poursuivons notre route sur le chemin des résistances, celles qui nous permettent de nous libérer, une libération. Parce que la foi est libération. Il y a l’égo, nous en avons parlé, il y a l’ostentation, nous en avons parlé, et puis il y a l’égoïsme. Et donc l’égo est cette détermination de soi dans tout ce que l’on fait et l’égoïsme, donc c’est avec ce que l’on est, et l’égoïsme, c’est avec ce que l’on a. C’est finalement de ne plus savoir, de ce point de vue-là, être généreux.

Or, le Coran, dès le départ, quand il parle de ceux qui croient, il est dit : « ceux qui croient en Dieu et qui accomplissent la prière et qui donnent des dons que nous leur avons octroyés »

Et les dons que nous leur avons octroyés, ce sont en l’occurrence tous types de dons. Les dons matériels comme les dons spirituels ou affectifs ou psychologiques donc il donne, celui qui a la foi. Le Coran, quand il commence la révélation, quand la révélation commence pour le prophète, tout est une question de dons : donner aux pauvres, s’intéresser aux pauvres. La foi nous fait sortir de notre égo et nous fait sortir pour nous libérer de nous-mêmes et donner de ce que l’on a, se libérer de soi et donner de ce que l’on a ; l’être et l’avoir.

Donc ici l’égoïsme il faut s’en libérer, et tout ce que nous avons malheureusement aujourd’hui dans un système capitaliste est lié à l’égoïsme, à toujours acquérir de l’avoir, à donner moins et à acquérir beaucoup. La spiritualité c’est être plus et donner davantage. Donc ici il y a cette dimension qui est tellement importante dans notre engagement. Et puis ce qui est dit « ce qui résisteront à se protéger de leur propre égoïsme, et bien ceux-là seront les êtres du succès, ceux qui auront atteint le succès, c’est-à-dire qu’ils donnent. Et quand vous regardez l’Islam, le deuxième pilier pratique c’est la zakat, c’est-à-dire que c’est un droit que les pauvres ont sur nous mais pour nous rappeler de quoi ? Du don que nous avons, il y a un droit, il y a un devoir de don pour que l’on comprenne ensuite qu’avec cette attitude qui va purifier notre être, donner de son avoir, c’est purifier notre être, c’est réformer notre être.

Donc le fait de donner de son avoir, la zakat a une notion de purification,  ça purifie l’avoir et l’être. Et bien c’est de la même façon quand on donne de son temps pour écouter, quand on donne de son cœur pour aimer, quand on donne de son argent pour soutenir, quand on donne de ce que l’on a pour permettre à d’autres de vivre de meilleures vies, et bien nous purifions, nous réformons notre être.

Il ne faut pas croire ceux qui pensent que l’être et l’avoir n’ont aucune relation ; ils se trompent. Notre façon d’être avec ce que nous avons dit qui nous sommes, et donc en l’occurrence, l’égoïsme est à la dimension de l’avoir ce que l’égo est à la dimension de l’être, c’est-à-dire enfermé, emprisonné, apprendre la générosité.

Le prophète était généreux même quand il n’avait rien parce qu’il était généreux, il donnait de ce qu’il était au-delà de ce qu’il avait et il donnait aussi de ce qu’il avait et en particulier pendant le mois du ramadan qui est un mois où l’on se prive et on donne d’avantage.

Donc se priver pour donner encore d’avantage. C’est une vraie réflexion, être des êtres généreux, comprendre que la foi est générosité et appelle à la résistance contre tous les égoïsmes, contre tous les égoïsmes de toutes sortes pour que nous puissions être des êtres qui donnons, qui donnons encore, de nous-mêmes et de ce que nous avons.

N’oubliez pas, comme un don, de dire à ceux que vous les aimez que vous les aimez »

 

T. Ramadan